« LA FEMME DE TROP »  Note on the loop

« Bienvenu.e.s »,

« Prenez-place, asseyez-vous ».

Tandis que le public s’installe, une chanteuse très énergique nous accueille et nous occupe en faisant de drôles de vocalises derrière son micro, impro loufoque et décalée, qui sera à l’image de cet étrange huit clos auquel nous sommes sur le point d’assister.

Cinq figures costumées et perruquées apparaissent. Cinq femmes différentes. Chacune sa couleur, ses attributs, son caractère, son parcours et ses lubies. Personnages baroques et loufoques. Parfois clownesques.

Pourtant rien n’est figé, ça se cherche. On s’approche des agrès – un cadre aérien et un portique coréen – on tente des figures, on s’envole, on rate, on chute.

Le loop se met en place, et chaque fois cette première séquence recommence. Mais chaque fois, les rôles s’échangent, les costumes et perruques tournent. Ca loupe, ça recommence, ça se décale. Par vague. Comme dans une sorte de rêve. Les situations se superposent, laissent des sensations, changent brusquement, sans forme de cohérence. Des impressions de déjà-vu, des croisements. Les paroles des chansons font échos à une image aperçue quelques temps auparavant. Les identités se brouillent.

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© Sébastien Armengol

Le rêve s’emballe et les figures grandissent. Accumulation au bord de l’explosion. Mais cette belle équipe a le génie de toujours parvenir à nous laisser respirer au milieu de cet emballement/déballage, en mettant la machine sur pause, avec toujours beaucoup d’humour.

On est touché ici à la fois par la technicité de ces acrobates, mais aussi par leur générosité, leur grande autodérision, leurs petits et grands talents cachés, leurs faiblesses mises à nu.

On cherche son identité, sa place dans le groupe, sur scène et dans les airs. Groupe interconnecté, interdépendant aussi, sinon tout s’écroule, comme ce personnage en bleu, isolé, qui ne cesse de chuter du portique et d’atterrir de façon complétement incongrue, pour attirer l’attention ?

Une joyeuse bande talentueuse, pleine de ressources et d’humour, de générosité et de simplicité. La Femme de trop , c’est un très joli univers à découvrir !


Informations pratiques

Auteur(s)
La cie Marcel et ses drôles de dames :
Noémie Armbruster, Marine Fourteau, Angèle Guilbaud, Liza Lapert, Alba Sarraute Pons et Marcel Vidal Castells

Mise en scène
Alba Sarraute Pons

Avec
Noémie Armbruster, Marine Fourteau, Angèle Guilbaud, Liza Lapert et Marcel Vidal Castells

Dates
Du 10 au 16 mai 2017

Durée
1h10

Adresse
Le Monfort
106 rue Brançion
75015 Paris

 

http://www.lemonfort.fr/