« LES CARNETS D’ALBERT CAMUS » À la redécouverte du grand écrivain et penseur du XXème siècle

Celui qui écrit son journal se demande toujours quelle sera sa fin : proche ou lointaine ? Douce ou violente ? Albert Camus, lui, la sentait proche et violente, vivant avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête depuis l’âge de 17 ans, la tuberculose. Et on le sait, elle surviendra ainsi, le 4 janvier 1960, dans un accident de la circulation, à l’âge de 46 ans. Les dernières pages des Carnets d’Albert Camus, proposés sur la scène salle Paradis du Lucernaire, ont été rédigées un mois auparavant.

Dans la sélection faite de ces plus de mille pages de texte, tous les aspects fondateurs de la vie du Prix Nobel de Littérature sont repris par le metteur en scène et interprète, Stéphane Olivié Bisson : l’enfance en Algérie, les origines sociales modestes, la mère, l’arrivée à Paris, l’Occupation allemande, les amours, les combats politiques, les œuvres et les incertitudes … Les dernières paroles sont celles d’un Camus réconforté par la lumière de son nouveau refuge de Lourmarin dans le Luberon.

La mise en scène se joue entre un tapis de galets, trois fauteuils, la projection d’images et ces fonds sonores qui nous transportent en Algérie, à Paris, puis en Provence. Stéphane Olivié Bisson tarde un peu à associer son propos à ces photos évoquant les lieux de la vie de l’auteur. Il garde une certaine distance avec toute émotion, s’animant réellement à l’occasion de deux passages : Albert Camus avouant son impossibilité de n’aimer qu’une seule femme, puis s’exprimant sur les critiques littéraires parisiens, où l’on retrouve chez l’interprète la fougue et le mépris de l’écrivain contre ceux qui démolissaient son œuvre.

Stéphane Olivié Bisson, après avoir mis en scène Caligula au théâtre Athénée-Louis Jouvet en 2010, et à l’issue d’une tournée de quatre années, dit avoir « désiré ne pas lâcher cette main » d’ Albert Camus. Il s’est ainsi attelé à ces écrits peu connus, avec la complicité artistique de Bruno Putzulu, qui tenait le rôle-titre de ce Caligula. Leur travail fait découvrir la profondeur de l’âme de Camus et ses doutes. C’est là tout l’intérêt de cette proposition.

Informations pratiques

Auteur(s)
D’après Carnets d’Albert Camus © Éditions Gallimard

Adaptation, mise en scène et interprétation
Stéphane Olivié Bisson

Collaboration artistique
Bruno Putzulu
Création sonore
Éric Capone
Lumières
Franck Thévenon

Dates
Jusqu’au 4 mai 2019
Du mardi au samedi à 19 h

Durée
1h20

Adresse
Théâtre Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris

Informations complémentaires
Le Lucernaire
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